| Avatar, une critique de 400 millions de mots |
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| Écrit par Kim Jolicoeur |
| Samedi, 16 Janvier 2010 23:30 |
Un de mes amis m’a confié un jour ce qu’il pensait de James Cameron.
Sa théorie sur l’homme était qu’il n’était qu’un plagiaire, piquant des idées dans d’obscurs livres ou des films peu connus. Selon mon ami, Cameron n’avait pas la plus petite once d’originalité. Depuis Piranha 2 jusqu’à Titanic (à l’époque), toutes ses histoires étaient joliment volées ou tranquillement empruntées à d’autres écrivains, réalisateurs ou producteurs puis cuisinées de telle sorte qu’il ne puisse jamais être poursuivi. Etant un fan de James Cameron, j’avais de sérieux doutes quant à la théorie de mon ami. Puis je vis Avatar. En 2009 est sorti un film intitulé The Battle for Terra. En 1965 fut publié un livre intitulé Disquiet. Mixés, ces histoires déjà similaires deviennent Avatar. La première met en scène un pilote humain laissé en rade sur une planète que les humains essaient de conquérir pour ses ressources. Pris par la population indigène qu’il doit exterminer, il changera finalement de camp pour défendre ses nouveaux amis de l’extinction programmée par son ancien peuple et ira jusqu’à se sacrifier pour atteindre son but. Le second développe une histoire légèrement similaire mais c’est la planète elle-même qui concentre l’attention. Elle est appelée Pandora et comprend des créatures et un peuple qui sont connectés à leur monde natal comme les Na’vi d’Avatar. Ajoutez des éléments de Matrix, Jurassic Park, Gamer, Surrogates et même des influences évidentes de la série de jeux vidéos Final Fantasy et vous pourriez avoir une sérieuse poursuite judiciaire sur les bras, mais pas pour Mr Cameron. Avatar est écrit de telle sorte que personne ne peut vraiment dire que Cameron ait « volé » son histoire. Mais quand toutes les pièces s’assemblent, personne ne peut dire qu’il s’agit d’un conte original, ni même une manière de filmer originale, comme cela s’est produit, puisque la « nouvelle » technologie n’est rien de plus qu’un développement de ce qui a fait Gollum si important pour le métier, sans compter cette nouvelle et écrasante technologie 3D. Un marine infirme reçoit comme mission de trouver un moyen de déplacer la population indigène, afin que son employeur puisse exploiter une mine de métal précieux à l’endroit où vie ce peuple qui lui cause des ennuis. Dans ce but, il doit se connecter à un corps d’avatar et le contrôler afin de rejoindre les indigènes et gagner leur confiance. Avatar est filmé en utilisant un caméra et une technologie informatique spécialement conçues pour le film et qui permettent aux personnages animés de « jouer » et de ressembler vraiment à de vrais acteurs. En dépit de mes précédents commentaires, j’ai vraiment apprécié Avatar et c’est en fait difficile de ne pas l’apprécier puisque tout est si familier. Le cœur de l’histoire est toujours le même. Un héros solitaire doit se battre pour une cause perdue et affronter un ennemi écrasant pour préserver la liberté. Il y a des variantes, mais telle est la recette d’Hollywood depuis plus d’un siècle d’industrie cinématographique. En dépit de ses supposés innovations, Avatar n’est pas différent. Jake Sully (Sam Worthingon) est un Marine invalide (et au nom horrible). Son frère jumeaux est mort et, pour des raisons de génétiques, on lui demande de le remplacer dans le projet Avatar, une expérience scientifique qui permet à un être humain et se connecter avec un corps construit grâce à une ingénierie génétique de telle sorte qu’il soit semblable à celui d’un indigène Na’vi, les habitants à la peau bleue de Pandora. Cette planète est riche en unobtanium (joli nom, James…), un minerai très précieux que l’employeur de Jake désire au plus haut point. La mission de Jake est d’infiltrer les Na’vi et de gagner leur confiance afin de les convaincre de déménager avant que les mercenaires payés par son employeur ne détruisent leur foyer et ne commencent l’extraction du riche dépôt d’unobtanim situé sous le l’Arbre-Maison des Na’vi’s. En plein dans la lignée de Danse avec les loups, Jake apprends les coutumes de ce peuple et se lie avec eux, mais quand l’échéance arrive, il doit choisir un camp. Remplira-t-il sa mission en rejoignant un colonel psychotique dans la destruction des « sauvages » ou se rangera-t-il du côté des Na’vis pour protéger ce monde si beau, sans oublier sa nouvelle et super canon femme bleue (Zoë Saldana, qui vole la vedette !) ? Mmm… Dilemme, dilemme. Avatar est criblé de sous-entendus sur l’environnement, et c’est une autre histoire qui nous martèle que nous, les humains, ne sommes que des idiots. Nous savons que les grandes entreprises ne reculeront devant rien pour faire (encore plus) d’argent. Elles tueront et détruiront, sans qu’on puisse rien y faire. Nous le savons car Hollywood nous le dit tout le temps, au moyen d’innombrables films qui racontent la même histoire. Et il n’y a rien à redire à cela, car ce message est extrêmement important. Le problème entre cela et Avatar est que le film ne parle pas que d’un environnement détruit par la force, par des moyens militaires. Les scientifiques dans le film, conduits par le Docteur Grace Augustine (Sigourney Weaver, excellente), sont pleins de bonnes intentions. Ils veulent éduquer les Na’vi et leur transmettre la culture humaine. Ils veulent aussi les étudier. Mais veulent-ils apprendre d’eux ? L’éducation et la compréhension ne seraient-ils pas le début d’un long chemin vers la paix ? Le principal problème que j’ai eu avec le scénario est que Cameron ne prend pas le temps d’explorer les ravages qui résultent des bonnes intentions d’un monde « civilisé. » Combien de gens ont été détruits par notre besoin de leur enseigner l’agriculture ou le travail, en leur vendant des outils pour travailler comme nous, pour nous, en imposant nos coutumes à des tribus africaines ou des communautés sud-américaines au long de l’histoire. « Ne jamais interférer » est le premier commandement. A la place, Cameron choisit la facilité, les explosions et les effets spéciaux. Il rejette toute la faute sur les militaires censés avoir la gâchette facile. Il nous lave le cerveau avec des personnages à une dimension, des clichés comme le colonel Miles Quarictch (Stephen Lang, excellent) et Parker Selfridge (Giovanni Ribisi, ennuyeux, robotique). Tout cela dans une histoire prévisible, qui ne prend aucun risque, malheureusement. L’un dans l’autre, les acteurs sont bien dirigés. Cependant, il me semble que Sam Worthington était une erreur casting. Bien que son jeu soit correct, sa performance est terne durant la plus grand partie du film et il semble marcher sur les pas de Marcus Wright de Terminator Salvation, qui est de toute façon un rôle très proche. Sigourney Waewer s’en tire très bien et c’est un réel plaisir de la regarder malmener et insulter Mar… je veux dire Jake, à l’écran. Sa scène d’introduction est hiralante. Pourtant, deux acteurs se détachent dans Avatar. Stephen Lang comme Colonel Quaritch est parfaitement à sa place. Sa performance est une réminiscence de R. Lee Ermey dans Full Metal Jacket, bien qu’elle ne soit pas aussi mémorable. Il est sadique, c’est une réelle menace pour nos héros et on ne peut pas s’empêcher d’aimer le détester. Zoë Saldaña dans le rôle de Neytiri est le véritable joyaux étincellant du casting. Même derrière son masque bleu, elle parvient à transmettre les émotions les plus intenses du film. Sa colère et sa tristesse sont parfaites et vous prennent aux tripes. Sa beauté et sa sensualité rayonnent. Je ne sais pas à quel point tout cela est de son fait, mais Neytiri est, de mon point de vue, une des personnages de cinéma les mieux joués de la décennie. Beaucoup a été dit sur les effets spéciaux d’Avatar et sur la technologie 3D révolutionnaire. J’ai vu Avatar en 3D et j’ai trouvé le traitement écrasant et inconsistant. Il y a un changement de perspective, mais rien ne vous saute dessus depuis l’écran, hormis dans quelques scènes, alors que dans la majorité du film, quand la 3D apparaît, on a l’impression de regarder une scène coupée d’un jeu vidéo des années 90, quand on avait l’habitude de recourir à de vrais acteurs devant un fond bleu, avec une image d’une miniature en arrière plan. Ce n’était pas terrible. Pandora prend vie dans de courts moments, mais vraiment, l’expérience n’influence pas l’histoire, mais il n’y a rien à en dire, si ce n’est que les lunettes 3D bleue/rouge, m’ont flanqué un mal de crâne. Les effets sonores et la musique sont merveilleux. Rien à redire ici, au contraire, et les rumeurs d’Oscar sont méritées. Avatar est plus que la somme de ses parties. En dépit de mes précédentes critiques, j’ai vraiment apprécié le film. Il prend le temps d’introduire tous les personnages et la planète elle-même, ses dangers, ses merveilles et la manière dont on y vit. Le programme avatar est bien expliqué et fait sans. Ses implications sont utilisées à bon escient, comme pour exploiter ses faiblesse à un point critique du film. James Cameron sait filmer des scènes d’action et le cinéphile est ici satisfait. Les morceaux d’action sont épiques, même si leur dénouement est prévisible. J’attends la suite inévitable, juste pour voir où James Cameron conduira sa nouvelle création. Les possibilités, comme les technologies, sont sans limite. Pour profiter pleinement d’Avatar, il vaut probablement mieux laisser son cerveau au vestiaire. Et vraiment, même sans la 3D, ca passe. L’expérience ne sera pas dramatiquement différente. C’est une nouvelle franchise de science-fiction, avec des vaisseaux, des extra-terrestres et des canons laser, ce qui est toujours bienvenu, la qualité rivalise avec celle du nouveau Star Trek, et Star Wars est définitivement battu sur ce point. Les effects visuels sont absolument superbes et les jeux d’acteurs sont bons. Avatar est un bon film, mais je souhaiterais que tos ces gros producteurs d’Hollywood fassent des effets spéciaux un bon support pour développer des personnages qui tiennent la route et une histoire originale, au lieu de recourir aux clichés, avec l’excuse de promouvoir la technologie des effets spéciaux. Note finale : 7.5/10
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