
Ne vous fiez pas à leur air loufoque et leur humour de cinéphiles potaches (qui a reconnu L’Exorciste et Apocalypse Now ?) Tio (à gauche) et One Eye Pied (à droite, forcément) ont beaucoup à vous susurrer, vous murmurer, vous causer sur leur passion commune : la BD. A l’occasion du deuxième anniversaire de leur podcast, le One Eye Club, entretien avec deux vrais amis pour qui tout a commencé, tout simplement, par des discussions enthousiastes autour de leurs achats de BDs. [NB : ne ratez pas leur live ce soir à partir de 21h sur badgeek.fr !]
Dan Brown ne le sait pas (le pauvre, on l’excuse), mais la Joconde est corse (normal qu’elle soit incognito, elle porte la cagoule). C’est sur cette image détonante que Delambre, bien connu des lecteurs du Canard enchaîné, nous invite à ouvrir son album intitulé Da Vinci Corse. Lecture faite, on avoue volontiers (et sans contrainte) un ch’ti faible pour ses personnages au tempérament explosif.
A mon maître d’école M. Renucci, avec toute ma reconnaissance
Ci-contre, le sympathique Yves Urbain, membre du Gang , une association gentiment déjantée qui édite des BD et un fanzine, Blam !. L'association fut fondée en 1999. Yves Urbain y sévit depuis 2005. Ses BDs racontent les histoires rigolotes d'un chien, Hippie, à l'origine iinspiré de son propre chien, un berger de Brie. L'ayant perdu, il en a fait un personnage qui ne pense pas, ne parle pas, et ne fait que des bêtises. Contrairement à Boule & Bill, Hippie vit dans une famille sans enfant, mais il n'est pas exclu qu'un petiout, voir les auteurs, fassent bientôt leur apparition !
Ci-contre, les deux stars du festival : à gauche, Tibet, le père de Ric Hochet et de Chick Bill, accompagné de son scénariste pour Ric Hochet, André-Paul Duchâteau. Ce qui m'a le plus frappé dans ces grands messieurs de la BD franco-belge, c'est leur simplicité, une qualité de présence, d'humanité. Même si Tibet et Duchâteau publient à un rythme soutenu quand Loisel prend tout son temps, même si, de loin, le rapprochemenet peut sembler incongru, ils partagent, me semble-t-il, ce même bonheur créatif que l'on aurait envie d'appeler enfantin qui l'on n'avait peur que ce mot ne soit perçu comme péjoratif. Et pourtant, qui est le plus à plaindre, le maître pour lecteurs de 7 à 77 ans ou le critique tenté de s'échiner à percer le secret de leurs bulles évidentes ?
On ne peut pas tout avoir en Corse... quoique. L'un de mes plus vifs regrets, en quittant Paris, était de ne plus avoir l'occasion de rencontrer des auteurs de BD, et en particulier des dessinateurs, dont j'admirais tant le talent. Yslaire, Loisel, Sfar, Dupuy & Berberian, Blain, Pétillon... j'avais eu la chance, non, le privilège de les approcher dictaphone à la main, peureux et fier d'entrer modestement dans les cercles du 9e art.
J'ai quitté la montagne... et c'est la montagne qui est venue à moi, par l'entremise de l'association Case et bulle, qui organisait cette année son 7e festival international de BD à Ajaccio. Une cinquantaine d'auteurs, des BDs pour tous les goûts et une certitude : elle est bien loin, la sensation d'indigestion dont je vous parlais il y a quelques temps. J'ai flambé, un peu, en achats de BD : un plaisir ! Et, surtout, surtout, (dit-il en découvrant ses défenses de sanglier) j'ai retrouvé la faim.