mardi, 13 décembre 2011 09:44

Joyeux One Eye Club versaire !!!

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Le One Eye Club, sympathique podcast BD, fête ses deux ans et Quelques Plumes est de la fête !

 

Ne vous fiez pas à leur air loufoque et leur humour de cinéphiles potaches (qui a reconnu L’Exorciste et Apocalypse Now ?) Tio (à gauche) et One Eye Pied (à droite, forcément) ont beaucoup à vous susurrer, vous murmurer, vous causer sur leur passion commune : la BD. A l’occasion du deuxième anniversaire de leur podcast, le One Eye Club, entretien avec deux vrais amis pour qui tout a commencé, tout simplement, par des discussions enthousiastes autour de leurs achats de BDs. [NB : ne ratez pas leur live ce soir à partir de 21h sur badgeek.fr !]

 


Philippe : Pour commencer,  j'ai envie de vous manger à votre sauce et de vous proposer deux mots pour définir le One Eye Club à destination de ceux qui ne le connaitraient pas du tout. « Potes éclairés » me plait bien. Votre avis ?

One Eye Pied :  Huhu, je peux la jouer facile en reprenant la définition "Podcast BD", mais en vrai, c'est "discussion amicale"…

Tio:  mais pour faire BD je dirai « buller entre potes ». Je sais ça fait trois mots mais je respecte jamais les règles de Pie.

One Eye Pied :  Je savais que tu allais tricher.

 

 

Philippe : Une caractéristique de votre podcast est sa professionnalisation progressive sans que jamais l'humour ne perde du terrain. Pouvez-vous jurer devant témoins que, pour être de plus ne plus pros, vous ne deviendrez jamais sérieux ?

One Eye Pied :  Oui, je le jure.

Tio:  Sérieux, j'essaie de l'être de plus en plus dans la préparation mais les échanges qu'on faisait avant le podcast étaient sur le partage de la passion pour la BD et je crois que ce sera difficile de changer ça. Et puis, le taf de pro c'est Pied. Moi, je suis le sidekick là pour le mettre en valeur. Un peu son Robin : lui c'est le gars qui réfléchit, froid et calculateur, pour gouverner un jour le monde. Batman, en somme.

One Eye Pied :  Je dirais plus Cortex.

Tio :  Bon ben je suis la souris débile, mais pour mémoire dans un épisode Minus qui a d'un coup un cerveau prouve que si les plans ont échoué c'est la faute de Cortex.

 

 

Philippe :  Alors, Cortex ? Envie de conquérir le monde des bulles ?

Tio : Ben il attaque Angoulême cette année.

 

Philippe:  Bigre ! Des pronostics pour les récompenses à Angoulême ? Ou, à défaut, des favoris ?

One Eye Pied :  Difficile de juger : la sélection est énorme, et je n'ai pas lu le 10ème des bouquins présents.  En fait, pour Angoulême, le truc, c'est de connaitre les catégories. Tout est là : "Révélation" (Le dernier cosmonaute !), "Audace" (3" ?). Pour "Regards sur le Monde" je n'ai lu que Reportages qui colle bien, mais Habibi a l'air énorme. Les autres prix d'Angoulême c'est "intergénérations" ,  "série" , "spécial du jury" ,  "meilleur album" , "jeunesse".

Tio :  Bon Chi c'est une erreur de casting ou alors le jury a 4 ans de moyenne d’âge. Il y a Zombiellenium, ma splashpage.

 

Philippe :  Pour ceux qui ne connaissent pas le One Eye Club, c’est un peu la page « coup de cœur », mais pourquoi "splash" d'ailleurs et pas "smack" ?

Tio :  C'est le terme technique pour désigner les illustrations pleine page dans les comics.

One Eye Pied :  En général ce sont des plans sur un personnage en pleine action qui "éclabousse" la page. Il y a peut-être un lien avec les pages centrales de Playboy, mais ce serait sale… pas pour Playboy mais pour la pleine page qui éclabousse.

 

PhilippeOn voit tout de suite où vous voulez en venir. D'ailleurs, c'est un mérite du One Eye Club que de ne pas faire l'impasse sur la BD érotique.

One Eye Pied : Je ne suis pas vraiment spécialiste, alors c'est un sujet difficile à aborder. J'ai découvert il y a peu le blog http://bderotique.wordpress.com/ et je découvre plein d'éditeurs, et un monde qui m'est totalement inconnu. Pas celui du sexe, on est d’accord ? Et puis il faudrait que j'aille faire mes courses dans une autre librairie pour ne pas avoir honte.

Tio :  ... mais non j'irai pour toi moi ils me reconnaissent même pas sauf si tu m'accompagnes. Et puis, on a fait le mcKean qui était érotique mais sinon on est resté ultra-soft.

One Eye Pied :  Étrangement c'est plus facile d'acheter de l'érotisme quand l'auteur fait aussi de la BD "classique". Les melons de la colère, le dernier Vives, a l'air très drôle.

 

 

Philippe :   Quittons le coquin pour entrer en cuisine, dans les coulisses du podcast. Un numéro, combien d'heures de travail ?

One Eye Pied :  Ouch... Déjà, il y a la lecture. Mais ce n'est pas vraiment du travail. Il faut compter en moyenne 30-40 minutes par BD, multiplié par 14 ou 16…

Tio :  Pour moi le temps de lecture et lire quelques infos a gauche à droite le podcast je dirai 5h dont 3 d'enregistrement le vrai bosseur c'est Pied : le montage, la com... il fait tout en fait.

One Eye Pied :  On passe entre 3 et 4h pour enregistrer 2 émissions, en comptant le temps de discussion autour du café et l'installation. Ensuite, le montage dure entre 1h30 et 2h00 par émission, plus 30 minutes pour écrire l'article, et 30 minutes de com.

 

Philippe : On l'a vu sur le site, le One eye club est généreux : quels conseils donneriez-vous à des nouveaux aventuriers du son sur internet ? En plus de la page déjà sur le site.

Tio :  il faut avoir un Pie sous la main sinon c'est pas la peine.

One Eye Pied :  Il faut être une bonne équipe, et d'abord enregistrer pour se faire plaisir. Parce que si on le fait pour une quelconque reconnaissance, ce n'est pas gagné. Je suis toujours surpris de voir notre nombre de poditeurs augmenter régulièrement.  Et je suis aussi surpris du nombre de poditeurs volontaires pour le live !

Tio :  ça va être un grand moment de folie.

One Eye Pide : Techniquement surtout ça va être la folie

 

Philippe : Je le sens aussi. Pourtant, et je voulais en parler aussi, la reconnaissance arrive tout de même un peu. Exemplaires de presse, commentaires, communauté facebook...

Tio :  Ben surtout que si on avait pas de plaisir a se retrouver pour parler bd ça se sentirait au niveau du pocast. On commence même à refuser de donner notre avis en off pour en parler que sur le podcast.

One Eye Pied : Oui, c'est vrai : on se réserve de plus en plus nos critiques pour les faire pendant l'enregistrement, et avoir la surprise de l'opinion de l'autre.

 

Philippe :   Vous n'avez jamais eu la tentation d'écrire les critiques à l'avance ? On perdrait le charme du "sans filet" ?

One Eye Pied :  J'y a pensé, mais c'est très dur de faire de la lecture. C'est plus pro, mais ça deviens une interprétation théâtrale, qui perd parfois en rythme. Je n'aime pas du tout quand j'écoute un podcast et que j'ai l'impression que la personne lit son texte.

Tio :  Ah ça pour le coup on peut pas dire qu'on lit beaucoup, mais je devrais m'y mettre vu tous les « euh »,  « ah » et blanc que tu coupes au montage.

One Eye Pied :  Je suis du genre éternel insatisfait : il ne faut pas longtemps pour qu'un truc me déplaise dans ce que je fait. D'où le changement de formule, et l'arrivé de nouveaux chroniqueurs.

 

Philippe :  Vous n’hésitez pas à innover, comme avec les mini-épisodes.

One Eye Pied :  Un de mes modèles podcastiques, Patrick Beja, part du principe que la régularité est un des points les plus important du podcast : cela créer un rendez-vous, et donc une communauté. Oui c'est ça. Le mini épisode permet d'offrir sa dose aux fidèles, et nous permet de faire des pauses.

 

Philippe : Je vous propose une dernière ligne droite. Séquence philo... Au fond, après en avoir lu autant, savez-vous ce qu'est une bonne BD ?

Tio :  c'est un peu comme un air d'opéra ça te chatouille au début ça commence à remuer un truc au fond de ton cerveau et puis finalement tu imagines et vis l'émotion et l'action du coup ça peut faire kiffer les gens de lire Chi le petit chat et d'autres, pleurer de lire que nous ne serons jamais des héros. Chacun va vivre le truc à sa façon c'est ça qui est beau après faut réussir à en parler parce que pas tout le monde a vu le truc de la même manière.

One Eye Pied :  A moi. La bonne BD dépend avant tout de celui qui la lit. Et elle sera bonne si en fermant la dernière page le lecteur a besoin d'un moment pour se raccrocher à la réalité.

Tio :  tu le vois comme une déconnection de la réalité, un voyage dans l'imaginaire ?

One Eye Pied :  Pas dans l'imaginaire. Mais c'est une pause par rapport au rythme du réel. Quelque part on sort du temps, happé par sa lecture.

Tio :  ...mais l'émotion que tu ressens, elle ne passe pas le filtre de ton réel ce qui fait que ça te touche ou t'intéresse...ou te gonfle au pire point.

One Eye Pied :  Oui, ça passe par ton expérience et ton état émotionnel. Mais tu as déjà eu ce moment de pause en fermant la dernière page d'un bouquin ? Le "Ouah" qui fait que tu ne peux pas passer à autre chose de suite ?

Tio :  pour conclure sur nos digressions à mon avis la bonne BD c'est celle qui te plait après le reste tu t'en fous. Il y a pas de recette pas de secrets faut juste que des gens prennent du plaisir à voir ton œuvre même si il n'y a qu'un seul lecteur. 

One Eye Pied :  C'est dit plus simplement, mais c'est très vrai. Je dis souvent qu'on ne peut pas ne pas aimer la BD, on n'a simplement pas encore trouvé celle qui nous parlera.

Dernière modification le mardi, 13 décembre 2011 15:05
Philippe Perrier

Écrivain
Rédacteur en Chef

Website: www.quelquesplumes.info