Ah ça, pour être une andouille, c’est une andouille, le Rémi. Il vous dirait « andouillette », par modestie, mais non, mais non ! C’est du gros, du boucher qui tient au ventre, il en rate pas une, le Rémi, mais que voulez-vous, moi, il me fait rire.
On dirait un cousin littéraire de Francis Mizio, pour qui je vous ai déjà confessé ma plus totale admiration. Culture, passé de journaliste plus que probable, humeur lucido-dépressive que l’on compense en faisant son clown, en se réfugiant sous le totem pudique de l’animal ridicule et rare, le flamand rose pour Françis, le tamanoir sur Facebook pour Rémi (car oui, moi, madame, j’ai la chance de l’appeler Rémi). Qui osera la thèse de littérature comparée sur la touillette miziesco-devaysienne ? Le désespoir des clowns ? Les derniers moralistes populaires ?
Bien entendu, on peut crier à la ficelle (il vous répondrait qu’il préfère les miches, spécialement celles de sa boulangère), à la corde qu’on tire (il vous répondrait que c’est pour ne pas aller se pendre).
Derrière, un p’tit goût lointain de Lautréamont en moins excité et du « vas-y que je pars en vrille avec un texte sans rapport avec la choucroute ». Abandonner la choucroute, voilà un chapitre qui manque d’ailleurs à cet opus.
L’abandon… Un guide de l’abandon… Une espèce d’anti-bréviaire alcoolique et yogi écrit par un Lignière condamné à se contenter d’une époque en vin de table. Par éclair, ça tape juste et fort, ça laxe, malaxe et vous déconstipe façon « Que diable allais-je faire dans cette galère ? »
Vite lu, apprécié par Vanessa Postec (toujours un gage de grande qualité), ce livre choquera peut-être par certains passages. Que l’on y voit pas plus qu’un « entre nous », une recherche de connivence (et dites-moi, dans les yeux, j’ai dit les yeux, qui d’entre vous n’est pas horrible dans ses chats privés ?)
En tout cas moi, je l’adopte, le tamanoir, étendant sous mes plumes ma réserve naturelle de bébés loufoques.
PS : Et puisque moi aussi je sais faire mon cakou de Marseille sur Youtube, cette critique a été écrite en écoutant ceci.
PPS : Et je ne vous donne pas le lien pour l'acheter... Suis-je bête ? (comment ça définitivement oui ?)