Quelle imbécillité ! Il en faut, du talent, pour être populaire et je n’ai jamais jeté la pierre, par principe, à ceux qui réussissaient à l’être. Une plume, ce soir, ou plutôt cette nuit, en hommage à Castle, la nouvelle série policière sur France 2, que je viens tout juste de découvrir.
Avouons d’entrée de jeu que je l’ai regardé pour des raisons malhonnêtes : un écrivain qui s’incruste avec charme, entregents, imagination et intuitions dans la police criminelle new-yorkaise (forcément new-yorkaise, foutredieu, se passe-t-il donc quelque chose dans le monde ailleurs qu’à New-York ?). Forcément, il s’est pas confronté à un inspecteur, mais une inspectrice, forcément stricte, mais craquante et qui devient sa partenaire, en attendant, et on l’attend comme les croissants du dimanche, de l’épouser à la fin de la série car notre écrivain est libre, enfin à moitié libre, marié professionnellement à son éditrice, dont il est divorcé côté jardin. Que de femmes pour un seul homme ! Car notre auteur de polar, Richard Castle, riche comme un Marc Levy du roman noir, vit avec sa mère, délurée, et sa fille, qui, admirez le tour de passe-passe, est sérieuse comme une grand-mère.
Tout cela pourrait être lourd, l’humour sauve tout. Richard Castle, c’est le fantasme de tout (enfin mon) fantasme de l’écrivain pris de la panne blanche (ce qui a tendance à m’arriver ces temps- ci), un homme qui a tout pour être heureux, des adoratrices insignifiantes dont il dédicace la poitrine délicieuse, forcément délicieuse ; des confrères partenaires de poker dont on imagine déjà qu’ils reviendront dans les prochains épisodes ; le numéro de téléphone personnel du maire, qui semble avoir autorité suprême dans sa Ville et impose notre écrivain à la belle, forcément belle, Kate Beckett, qui dirige son équipe avec fermeté, mais commence déjà à fondre pour Mr Castle.
La valse comique séduction/exaspération fonctionne à merveille et elle est impeccablement équilibrée par le sérieux des affaires de meurtres que la police criminelle a à résoudre. Bien évidement, pour un profane du polar comme votre serviteur, l’intrigue se déroule juste un poil trop vite, mais cela aussi fait partie du charme, qui installe le couple d’enquêteurs du côté des surhommes et des wonderwomen légers et euphorisants, ce qui est manifestement le but recherché. Au total, tout cela est convenu comme un bon bain chaud, moussant de surcroît, mais il n’est pas né le fâcheux qui m’empêchera de prendre un bain, sous prétexte que ce n’est pas littéraire.