Toute aussi attachante, la démarche de l'atelier Croc en Jambe, dont l'originalité est de relier ses BD devant les yeux des lecteurs ! Croc en jambe a organisé aussi des ateliers pour les plus jeunes. Les scolaires ont réalisé des petits carnets cartonnés de la même manière que l'on fabrique un livre. Ils ont aussi appris à dessiner des émotions. Quand on vous dit que la passion commence tôt !
Mais BD Ajaccio, ce sont aussi des expositions. Complétant harmonieusement les westerns de Tibet, l'exposition les Amériques, que l'on doit à Marc Beluet, a su attirer l'attention des passants. Pensez donc : des tepees en plein Ajaccio ! L'exposant n'est d'ailleurs pas un débutant puisque, après avoir sillonné le monde depuis 1972, il a choisi de se spécialiser dans les expositions itinérantes sur l'Amérique du nord. Dans un tout autre style, les caricatures grandeur nature de Nino, ont fait beaucoup de bruit, mais tel était sûrement le but. On vous épargne Chirac sodomisant sereinement Bernadette aux mamelles pendantes (ou la prenant en levrette, les meilleurs spécialistes débattent encore de la question). On se scandalisa aussi devant Sarkozy-Pinocchio se torchant à qui mieux-mieux sur les préoccupations du peuple. Ma préférée, pourtant, reste celle de Benoit XVI dont je vous avais déjà parlé ici. Nino, c'est la goutte d'acide dans le pastis, l'empêcheur d'oublier en rond que nous sommes aussi des corps et des pulsions animales. Il a la dent dure, laissons le faire, il en va aussi de notre liberté.
En guise de conclusion à ce trop rapide survol, et en attendant les critiques, trois images, en apéritif : les trois BD que je lirai en premier, car, le croiriez-vous, je n'ai guère eu le temps de lire depuis le festival.
Tout d'abord les couvertures du diptyque Necromancy (Ed .Dargaud). Est-ce le retour de ma vieille passion pour les vampires ? Peut-être... Toujours est-il que j'ai eu un coup de foudre pour le dessin et l'argument. "Nouvelle-Orléans, 1928. Un homme règne sur les vivants. D'entre les morts viendra sa chute."
A suivre donc très vite !
A suivre aussi, juste derrière, le Journal intime d'un lémurien de Fabrice Tarrin. Je n'ai pas craqué aussi vite, mais en lisant quelques pages, je n'ai pas pu résister à la cocotte concierge. Voilà qui m'aidera sûrment à me remettre des frissons de Nécromancy. Enfin, si la copropriété le permet...



