Elle concentre tout le talent de Federzoni.
Tout d'abord un sujet d'actualité, brûlant si possible, dans l'île. Tout les Corses ont encore en mémoire l'affaire de la villa de Séguéla et la question du littoral est un débat constant. Il y a un côté Zorro dans l'âme corse et un respect du sacré de la nature. Ma Mina, ma grand-mère, dit souvent "ma liberté vaut des millions". Combien pour les côtes corses ?
Ensuite un traitement graphique à la Tex Avery, ou, si l'on veut, à la Gotlib. Petru Santu n'est pas un personnage seulement humoristique, comme Astérix ou Jack Palmer, un nez rond au pays des nez anguleux. C'est un toon. Son cou s'allonge, ses yeux explosent. Cela fait rire au premier degré. Cela fait réfléchir ensuite. Une des caractéristiques essentielles des toons est leur résistance à toute épreuve, au sens strict leur im-mortalité. On en souhaite autant à l'âme corse incarnée par Petru Santu.
On y ajoute, à côté de la charge, la modestie de rire de soi qui fait beaucoup pour rendre la série sympathique.
Enfin, dernière constante chez Féderzoni, le goût du décalage. Ici entre un sens propre et un sens figuré, l'un facile à représenter, l'autre abstrait. Le lecteur, qui imagine déjà avec peine la luxueuse villa "les pieds dans l'eau", se voit proposer en chute l'image d'un bain de pieds. Il comprend qu'il avait trop dépensé d'énergie psychique et la tension libérée provoque le rire. Freud n'explique pas autre chose dans Le mot d'esprit et ses rapports avec l'inconscient.
Le site officiel de Petru Santu (à visiter avec Internet Explorer)
Une interview de l'auteur par votre serviteur pour la mairie d'Ajaccio